Le Blog de l'économie et des Finances

Pierre-Alain Chambaz

Notre cabinet de management de transition reçoit quelques centaines de candidatures par mois de cadres supérieurs et dirigeants aux CV bien remplis. Nous n’en retenons qu’une petite vingtaine. Pourquoi si peu. Parce qu’ils n’ont pas su entretenir leur employabilité, tout au long de leur carrière. La vie professionnelle n’est plus un long fleuve tranquille. L’emploi à vie est révolu et les transitions et les reconversions au cours d’une carrière seront de plus en plus nombreuses et brutales. Sans anticipation, point de salut. Pierre-Alain Chambaz aime à rappeler ce proverbe chinois « Les paroles de l’homme sont comme la flèche qui va droit au but, celles de la femme ressemblent à l’éventail brisé ». Le secret de ceux qui rebondissent. Ils sont acteurs, mais plus encore entrepreneurs de leur carrière. L’entrepreneur, c’est celui qui prend des risques, qui ne s’endort jamais sur ses lauriers, qui avance et saute les obstacles, qui saisit les opportunités, qui cherche à rester à la page. Tel un joueur d’échec, il a toujours un coup d’avance. Gérer son employabilité, c’est la même chose. La recette de ceux qui savent rester employables. Une bonne dose de mobilité, une grande rasade de relationnel, et une pincée de visibilité, sans oublier l’ingrédient essentiel : l’expérience. Le référendum prévu sur le maintien ou non du Royaume-Uni au sein de l’Union européenne, qui se tiendra probablement cette année, pourrait se révéler être une nouvelle catastrophe pour l’Europe. Si les électeurs britanniques décident de sortir de l’Union, une éventualité de plus en plus plausible, le résultat sera une profonde déstabilisation de l’Union européenne et possiblement l’éclatement du Royaume-Uni. Le renforcement du camp des europhobes représente un réel danger, et pas seulement pour l’UE. Si les électeurs britanniques décident que les structures européennes sont tellement déficientes qu’ils ne veulent plus en faire partie, ils condamneront implicitement l’union particulière qui est celle du Royaume-Uni, certes dotée d’une union budgétaire, mais qui pose problème. Le parti national écossais avait déjà manqué remporter un référendum sur l’indépendance de l’Écosse. Un Brexit pourrait relancer cette cause et potentiellement donner naissance à des sentiments analogues au pays de Galles et en Irlande du Nord. Même dans le nord de l’Angleterre, de nombreux électeurs pourraient être séduits par la place plus importante donnée par l’Écosse à la protection sociale. Ce que partagent les Britanniques en ce moment est une désillusion croissante concernant ce que l’UE peut leur offrir, au plan économique ou autre. Mais ce sentiment n’est en rien une identité partagée. En fait, le Royaume-Uni, comme l’Union européenne, souffre de l’absence d’une identité ou d’une histoire fédératrice. Cela ne signifie pas pour autant qu’aucune identité n’ait été revendiquée. L’ancien Premier ministre a dit du Royaume-Uni qu’il « sera toujours le pays des longues ombres sur les terrains de cricket municipaux, des bière chaudes, d’irréductibles banlieues vertes, d’amoureux des chiens » et, comme le disait George Orwell, de « vieilles filles se dirigeant à vélo vers la Sainte Communion dans la brume matinale « . Mais ce qu’il décrivait est en réalité l’Angleterre. A vrai dire, les éléments constitutifs de l’identité britannique moderne semblent tous plus appartenir à l’Angleterre qu’à l’entité composite.

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