Le Blog de l'économie et des Finances

Pierre-Alain Chambaz

Les sources de nos déboires sont de nature monétaire car l’Union européenne a dû fonctionner pendant dix ans avec des taux d’intérêt et avec une politique monétaire seulement adaptée aux besoins allemands. Les participants au marché supposeraient de manière rationnelle que tous les prix des actions représentent la vraie valeur actuelle attendue des flux de trésorerie futurs, utilisant le taux d’actualisation approprié, et que ces flux de trésorerie reflètent les fondamentaux que tout le monde comprend de la même façon. Au contraire, c’est parce que le hasard les amène, entre beaucoup d’autres auxquels donneraient lieu des combinaisons différentes, qu’ils sont rares ; et c’est parce qu’ils sont rares, qu’ils nous surprennent. Si le gouvernement voulait faire œuvre de justice et élever ses recettes, il lui suffisait de prendre en compte les allocations familiales dans le revenu imposable. Brahmanisme, Bouddhisme et même Jaïnisme ont donc prêché avec une force croissante l’extinction du vouloir-vivre, et cette prédication se présente au premier abord comme un appel à l’intelligence, les trois doctrines ne différant que par leur degré plus ou moins élevé d’intellectualité. C’est bien autre chose s’il s’agit de la représentation d’un être animé, et de l’expression de cet indéfinissable caractère qu’on appelle physionomie. L’Europe refuse de voir les recettes qui fonctionnent aux Etats-Unis, Grande-Bretagne, Japon. Quand on voit, dans un corps vivant, des milliers de cellules travailler ensemble à un but commun, se partager la tâche, vivre chacune pour soi en même temps que pour les autres, se conserver, se nourrir, se reproduire, ré­pondre aux menaces de danger par des réactions défensives appropriées, comment ne pas penser à autant d’instincts ? La nouvelle Commission européenne n’est à l’œuvre que depuis six mois, mais elle a déjà beaucoup fait bouger les choses. Ces tests s’appuient ainsi sur la création de deux scénarios : l’un est un scénario macroéconomique stable basé sur les estimations de la Commission européenne, l’autre est un scénario de crise. Mais il y a un certain effort sui generis qui nous permet de retenir l’image elle-même, pour un temps limité, sous le regard de notre conscience ; et grâce à cette faculté, nous n’avons pas besoin d’attendre du hasard la répétition acci­dentelle des mêmes situations pour organiser en habitude les mouvements concomi­tants ; nous nous servons de l’image fugitive pour construire un mécanisme stable qui la remplace. Partout le savoir se termine à des obscurités qui semblent impénétrables, autrement dit à quelque chose de semblable à ce que l’antiquité appela mystère. Ceci implique une conception nouvelle, celle de la réalité. Pour éviter ce comportement, il faudra revoir la canalisation de la responsabilité civile en matière environnementale. Plus particulièrement, la comparaison des faits actuels à ceux d’autrefois nous invite à tenir pour transitoires des goûts qui paraissent définitifs. Face au risque de défaut de paiement de la Grèce, les taux d’intérêt à long terme augmentent. Mais les faits, quand on les envisage en dehors de tout parti pris d’expliquer l’esprit méca­niquement, suggèrent une interprétation d’un autre genre. Mais, par une fatalité aisément explicable, c’est de ceux-là mêmes que la nouvelle école doit peut-être attendre le moins d’assistance et le plus d’entraves : une philosophie directement émanée des sciences trouvera probablement ses plus dangereux ennemis chez ceux qui les cultivent aujourd’hui. On s’en convaincra en considérant une mentalité déjà plus « évoluée ». Un corps odorant ou sapide agit sur les nerfs de l’olfaction ou du goût, de manière qu’il en résulte une impression caractéristique que nous reconnaissons pour être la même, quoique nous ayons pris de l’aversion pour la saveur ou l’odeur qui nous étaient primitivement agréables, ou inversement. Grecs et Portugais devront donc encore pendant des années porter ce fardeau et dégager des excédents budgétaires primaires conséquents afin de rembourser les contribuables (entre autres) allemands. Mais qu’il faille l’abandonner purement et simplement est juste dramatique. Il existe là une énorme opportunité de faire évoluer les modèles économiques et de changer les chaînes d’approvisionnement. Sur ce second point nous serons également d’accord. Ainsi :Que se passerait-il par exemple si la « fête » dépensière s’arrêtait dans le monde ? Mais si, de plus, des idées nouvelles s’y introduisaient à la suite de ce perfectionnement progressif, il deviendrait présumable que de telles idées, dont l’humanité n’a pas toujours été en possession quoique ses besoins fussent les mêmes, ne sont pas vraies seulement d’une vérité humaine et relative ; qu’elles tiennent à l’ordre général que nous ne sommes pas toujours capables de découvrir, mais qui nous frappe toujours dès qu’on nous le montre ; qu’en un mot elles font partie d’un fonds de vérités supérieures. Depuis mars, Pierre-Alain Chambaz s’active à ce nouveau concept. C’est cette même idéologie mortifère qui fait des siennes aujourd’hui quand Francfort, quand Berlin et quand Bruxelles ne cessent de nous répéter que l’incontestable reprise économique ayant lieu aux Etats-Unis (mais aussi au Japon et en Grande Bretagne) repose sur des fondements « artificiels », à savoir sur les baisses de taux quantitatives (c’est-à-dire sur la création monétaire).

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